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Penser l’espace public à travers les lieux de grande affluence.
Malgré la valeur éminente octroyée à l’espace public dans la ville contemporaine, les lieux les plus massivement fréquentés paraissent désertés par la réflexion urbanistique. En Île-de-France, des sites comme la Tour Eiffel ou les grandes gares urbaines en témoignent. La création récente d’un établissement public exclusivement dédié à l’espace public de la Défense illustre l’ampleur des défis à relever. Le fait que les lieux de grande affluence n’appartiennent pas aux collectivités territoriales et ne soient pas gérés par elles nuit à leur reconnaissance de leur statut d’espace public et partant, à leur urbanité. La gestion sécuritaire et marchande des flux tient souvent lieu d’unique parti d’aménagement. Les carences de gouvernance sont bien souvent responsables de la médiocrité et du déficit de cohésion ou de sens de l’espace public. Une administration plus audacieuse ou inventive apporterait pourtant une forte plus-value, comme le suggère la comparaison entre grands parcs urbains européens et parisiens. La conception française de l’espace public résiste difficilement au prisme caricatural de l’hyper fréquentation. Ne devrait-elle pas se fonder davantage sur la qualité et le confort des usages, et plus largement sur l’offre de service aux usagers, afin de rendre la condition urbaine plus enviable, sinon désirable ?
Des sanitaires pour la collectivité.
Dessiner des sanitaires pour une collectivité, c’est en fait affronter des problématiques très différentes selon les contextes auxquels on s’adresse. On ne pose pas les mêmes robinets dans les toilettes d’une station-service, qui voit passer un public très divers et pas forcément attaché au respect des lieux, que dans elles d’un théâtre où défile une audience plus restreinte ; les douches d’une maison de retraite ou d’un hôpital ne sont pas celles d’un centre sportif… Les produits ne sauraient être tout-terrain : concevoir e sanitaires pour une collectivité, c’est d’abord choisir un produit adapté à la micro-société des usagers. Le point commun entre tous ces matériels, cependant, tient dans les évolutions liées aux économies d’énergie et au souci accru d’hygiène et de sécurité (robinet débits réduit, rinçage temporisé des installations pour éviter le développement bactérien, dispositifs anti-brûlures, systèmes facilitant l’entretien…). Autant de problématique auxquelles les fabricants ‘attachent désormais à répondre.
À noter également dans ce numéro, le parcours de l’agence 51N4E (dénomination qui reprend les coordonnée géographiques de Bruxelles) par Johan Anrys, Freek Persyn et Peter Swinnen ; un entretien avec Richard Scoffier suite à la parution de son livre « Les Quatre Concepts fondamentaux de l’architecture » (titre emprunté au célèbre essai de Lacan), dans lequel il affiche, avec emphase et provocation, son ambition de refonder les valeurs éthiques et esthétiques de l’architecture ; un retour sur le livre de Rafael Moneo (21 projets conçus entre 1968 et 1998) qui nous montre que certains architectes ont des choses à dire ; ou bien encore le travail du photographe suisse Matthieu Gafsou. |
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